|

| jeudi 18 janvier 2007 |
|
|
|
jeudi 18 janvier 2007, 14h54
CONAKRY (AFP) - Les manifestations ont repris jeudi en Guinée malgré la répression policière, au neuvième jour d'un mouvement de grève générale illimitée marquée mercredi par des heurts entre manifestants et forces de l'ordre qui ont fait deux morts et plusieurs blessés. De nouvelles manifestations rassemblant plusieurs centaines de personnes ont eu lieu jeudi dans les communes de Simbaya, Lambanyi, Matoto et Hamdallaye, dans la banlieue de Conakry. Elles ont été dispersées par les forces de l'ordre, selon des témoins contactés par l'AFP. D'autres marches organisées à Télémélé (250 km au nord-est de Conakry), Mamou (280 km à l'est) et Kankan (600 km à l'est) ont également été dispersées par des policiers appuyés par des militaires, qui ont tiré des balles en caoutchouc et des grenades de gaz lacrymogènes. Aucune des sources syndicales et sanitaires contactées par l'AFP n'avait fait état de blessés à la mi-journée. Mercredi, les heurts qui ont opposé policiers et manifestants à Conakry et dans d'autres villes de province ont fait deux morts, selon un nouveau bilan établi jeudi par l'AFP. Un jeune homme de 20 ans a été tué par balles à Labé (300 km au nord-est de Conakry) lors d'une manifestation dispersée par la police, ont rapporté jeudi des témoins à l'AFP. Mercredi, la Croix-Rouge guinéenne avait annoncé le décès d'un enfant de 10 ans, touché par une balle perdue dans la commune de Ratoma (banlieue de Conakry) alors que des responsables de centres de santé joints par l'AFP ont fait état de nombreux blessés, la plupart légèrement atteints. Les forces de l'ordre avaient procédé à plusieurs dizaines d'arrestations, selon des témoins. Jeudi matin à Conakry, plusieurs véhicules calcinés et endommagés jonchaient le boulevard "Le Prince" qui relie la banlieue au centre-ville, a constaté un journaliste de l'AFP. Mercredi soir, lors d'une brève rencontre avec des leaders syndicaux à Conakry, le président Lansana Conté a proféré des menaces physiques à leur encontre, ont rapporté à l'AFP plusieurs d'entre eux sous couvert de l'anonymat. "Nous maintenons la grève et des manifestations sur tout le territoire. On n'a pas fermé la porte aux négociations, mais il faut un climat serein. Or les autorités ne nous ont pas vraiment permis d'expliquer nos problèmes", a déclaré jeudi à l'AFP Yamodou Touré, secrétaire général de l'organisation nationale des syndicats libres de Guinée (ONSLG). Le 10 janvier, l'intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a déclenché une grève générale illimitée, largement suivie jusqu'à présent, pour protester contre la corruption, les détournements de fonds publics et l'"ingérence" du président Conté dans les affaires judiciaires. L'intersyndicale reproche à M. Conté d'avoir libéré, à la mi-décembre, l'ex-président du patronat Mamadou Sylla et l'ancien ministre Fodé Soumah, pourtant inculpés de détournement de fonds publics. Les syndicats ont appelé mercredi dans une lettre le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, à "saisir la Cour suprême (...) pour constater la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l'état de santé du président. Une fois constatée la vacance du pouvoir, les syndicats demandent "la tenue d'un débat national pour décider de ce qui doit être fait", a précisé M. Touré. Il s'agit de la troisième grève générale en un an dans ce pays d'Afrique de l'ouest en proie à une grave crise économique et sociale, dirigé depuis 1984 par le général Conté, affaibli notamment par un diabète.
|
(publicité) |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
Suggestions ou critiques sur ce service
Copyright © 2007 Yahoo! Inc. Tous droits réservés. Yahoo! et vos données personnelles - Conditions d'utilisation Copyright © 2007 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. * Informations destinées exclusivement à Yahoo! France SAS dans le cadre de votre abonnement à la lettre d'information "Actualités" de Yahoo! Conformément à la loi du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des données vous concernant que vous pouvez exercer auprès de Yahoo! France |